Projet de vie MDPH enfant : comment l’écrire (guide + exemples 2026)
📅 Dernière mise à jour : 29 septembre 2026. Sources citées dans l'article.
Tu as enfin reçu le dossier MDPH. Tu remplis les cases administratives sans trop de mal… et puis tu tombes sur une page presque vide intitulée « expression des attentes et des besoins », ou « projet de vie ». Là, plus aucune case. Juste un grand blanc à remplir toi-même. Et cette petite voix : « Et si j'écris mal, ils vont refuser ? »
Respire. Cette page fait peur à tout le monde, mais c'est aussi ta meilleure arme. C'est le seul endroit du dossier où tu parles librement de ton enfant — et c'est sur cette base que la MDPH évalue ses besoins. On va la décortiquer ensemble, sans jargon, avec une structure claire et des exemples concrets par trouble.
⚡ Pas le temps de tout lire ? L'essentiel en 30 secondes
- Le projet de vie est la partie libre du formulaire de demande MDPH (Cerfa n° 15692*01). Il est facultatif… mais décisif : c'est sur lui que l'équipe pluridisciplinaire évalue les besoins de ton enfant.
- Instauré par la loi du 11 février 2005, il sert à exprimer les difficultés du quotidien, ce qui est déjà en place, et tes attentes à court terme (1 à 2 ans).
- Vise 2 à 5 pages, concrètes et datées. Décris des situations réelles, pas des étiquettes médicales (ça, c'est le rôle du certificat médical).
- Les 3 erreurs fatales : trop court, trop médical, ou copié-collé d'un modèle générique.
- La MDPH a 4 mois pour répondre ; passé ce délai, le silence vaut refus (tu peux alors contester).
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Le projet de vie, c'est quoi exactement ?
Quand tu déposes une demande à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), tu remplis un formulaire unique national : le Cerfa n° 15692*01, téléchargeable sur service-public.fr. Il est organisé en grandes rubriques (vie quotidienne, vie scolaire, expression des demandes…). L'une d'elles est l'« expression de vos attentes et de vos besoins » : c'est ce qu'on appelle communément le projet de vie.
Le principe vient de la loi du 11 février 2005 : l'évaluation du handicap ne part pas d'un diagnostic abstrait, mais des besoins, attentes et choix de vie de la personne (selon service-public.fr et monparcourshandicap.gouv.fr, le portail de la CNSA). Pour un enfant, c'est donc toi, le parent, qui portes sa voix.
Point important : ce texte est facultatif. Tu peux déposer un dossier sans l'écrire. Mais t'en passer, c'est laisser l'équipe d'évaluation deviner ce que vit ton enfant à partir de cases cochées et d'un certificat médical. Autant dire que tu te tires une balle dans le pied.
Pourquoi le projet de vie change (vraiment) la décision
Une fois ton dossier déposé, il est étudié par une équipe pluridisciplinaire d'évaluation (médecins, psychologues, ergothérapeutes, enseignants référents…). Cette équipe s'appuie sur un outil officiel, le GEVA (guide d'évaluation des besoins de compensation), pour transformer ta situation en propositions concrètes : c'est le plan personnalisé de compensation (PPC).
Ces propositions sont ensuite votées par la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées), qui rend la décision finale : AEEH, AESH, orientation, taux d'incapacité, projet personnalisé de scolarisation (PPS)…
Tu vois le problème ? L'équipe ne rencontre pas toujours ton enfant. Elle évalue sur dossier. Ton projet de vie est souvent le seul endroit où elle perçoit le quotidien réel : les devoirs qui durent trois heures, les crises au coucher, l'angoisse du portail de l'école. C'est précisément ce niveau de détail concret qui pèse, notamment pour la détermination du taux d'incapacité — calculé par comparaison avec un enfant du même âge sans handicap.
À retenir : le certificat médical décrit le trouble, le projet de vie décrit la vie avec le trouble. Les deux sont complémentaires — et c'est le second que tu maîtrises à 100 %.
Les 3 erreurs qui plombent un projet de vie
1. Le texte trop court. « Mon fils a un TDAH, il a besoin d'aide à l'école. » Trois lignes. L'équipe n'a rien pour évaluer. Un projet de vie utile fait généralement 2 à 5 pages selon la situation.
2. Le texte trop médical. Recopier le compte rendu du pédopsychiatre ne sert à rien : ces éléments figurent déjà dans le certificat médical (Cerfa n° 15695*01). Ton rôle, c'est de raconter le concret du quotidien, pas de poser un diagnostic.
3. Le copier-coller d'un modèle générique. Les exemples trouvés en ligne sont utiles pour la structure, jamais pour le contenu. Une équipe d'évaluation repère immédiatement un texte impersonnel — et un texte impersonnel ne décrit pas ton enfant.
Bonus : évite le registre larmoyant. Tu n'as pas à dramatiser pour être entendu. Des faits précis, datés et concrets sont bien plus convaincants qu'un texte chargé d'émotion.
La structure d'un projet de vie qui tient la route
Il n'existe pas de format imposé. Mais une trame en cinq temps fonctionne dans la quasi-totalité des cas :
1. Présenter ton enfant en quelques lignes. Prénom, âge, classe, ce qu'il aime, ses qualités. On commence par l'enfant, pas par le trouble.
2. Décrire le quotidien et les difficultés concrètes. Domaine par domaine : à la maison, à l'école, dans les relations, l'autonomie, le sommeil, les sorties. Avec des exemples datés. « En janvier, il a fallu 2 h 30 chaque soir pour faire 20 minutes de devoirs » vaut mille fois mieux que « il a des difficultés scolaires ».
3. Dire ce qui est déjà en place. Suivi orthophonique, psychomotricité, traitement, aménagements existants, aide d'un éducateur spécialisé… et ce qui manque.
4. Exprimer tes attentes à court terme. Que souhaites-tu pour ton enfant dans les 1 à 2 prochaines années ? Maintien en milieu ordinaire, accompagnement humain, matériel adapté, répit pour la famille…
5. Relier aux demandes formulées. Chaque demande cochée dans le formulaire (AEEH, AESH, PPS, orientation) doit trouver son écho dans le récit. Tu justifies, tu argumentes.
À retenir : une phrase = un fait concret + sa fréquence + son impact. C'est la formule qui transforme un ressenti en argument évaluable.
Pour la procédure complète de dépôt (pièces à joindre, où envoyer, suivi), on a détaillé tout ça dans notre guide pour monter ton dossier MDPH pas à pas.
Exemples concrets par profil (TDAH, autisme, dys, HPI, TOP)
Voici des extraits à adapter — jamais à recopier — pour la partie « difficultés concrètes ».
TDAH : « Les matins sont systématiquement conflictuels : Lina oublie son cartable 3 à 4 fois par semaine, n'entend pas les consignes même répétées, et nous arrivons en retard malgré un lever à 6 h 45. Les devoirs déclenchent des crises quasi quotidiennes. » (Pour aller plus loin sur l'école : nos aménagements PAP, PPS et AESH pour le TDAH.)
Autisme : « Théo ne supporte pas les changements d'emploi du temps : un imprévu déclenche une surcharge qui peut durer 30 à 45 minutes. La cantine est impossible (bruit, odeurs) ; il mange seul dans une salle calme depuis octobre. »
Troubles dys : « Malgré un suivi orthophonique hebdomadaire depuis deux ans, Sacha lit en CM1 au niveau d'un début de CE1. Il se fatigue après 10 minutes d'écriture et refuse de lire à voix haute en classe. » (Voir aussi : les aménagements scolaires DYS.)
HPI : « Diagnostiqué haut potentiel, Noé s'ennuie profondément et a développé un refus scolaire anxieux depuis la 5e : maux de ventre le matin, notes en chute, isolement social. »
TOP : « Les oppositions sont quotidiennes et explosives : conflits avec les enseignants, deux exclusions ce trimestre. Nous sommes convoqués en moyenne tous les 15 jours. »
Le reste du dossier MDPH, en bref
Le projet de vie ne voyage jamais seul. Pour être recevable, ton dossier doit aussi comporter :
- Le formulaire Cerfa n° 15692*01 dûment rempli ;
- Un certificat médical Cerfa n° 15695*01, daté de moins de 12 mois (sa durée de validité, selon monparcourshandicap.gouv.fr) ;
- Un justificatif d'identité et de domicile.
Côté délais : la MDPH dispose légalement de 4 mois pour répondre. En l'absence de réponse au-delà, le silence vaut décision de rejet (article R.241-33 du Code de l'action sociale et des familles) — ce qui t'ouvre la voie d'un recours. Dans les faits, les délais moyens dépassent souvent ce seuil selon les départements.
Pendant cette attente, ton enfant peut déjà être aidé côté école sans décision de la CDAPH : voici ce que change le PAS, le pôle d'appui à la scolarité de ton secteur.
Une fois les droits ouverts, deux suites fréquentes : la demande d'un accompagnant via notre guide AESH : comment l'obtenir pour ton enfant, et l'allocation : tu peux estimer ton AEEH avec notre simulateur. Si tu débutes le parcours, notre comparateur des troubles du neurodéveloppement et le plan d'action concret après un diagnostic t'aideront à y voir clair.
Mini-glossaire pour ne plus être perdu
- MDPH : Maison départementale des personnes handicapées, ton interlocuteur unique.
- CDAPH : la commission qui prend les décisions (droits, prestations, orientation).
- Équipe pluridisciplinaire : les professionnels qui évaluent ton dossier avant la CDAPH.
- PPC : plan personnalisé de compensation, la synthèse des réponses proposées.
- PPS : projet personnalisé de scolarisation, élaboré à partir de ton projet de vie.
- GEVA : l'outil officiel d'évaluation des besoins de compensation.
- AEEH : allocation d'éducation de l'enfant handicapé (versée par la CAF).
- AESH : accompagnant des élèves en situation de handicap.
Pour finir
Le projet de vie n'est pas un exercice de style. C'est le moment où, pour une fois, l'administration te demande de raconter ton enfant avec tes mots. Prends ce temps : c'est lui qui donne du poids à tout le reste du dossier. Tu n'as pas besoin d'être parfait — juste précis, concret et honnête.
Rédiger ce fameux projet de vie, c'est plus simple quand on n'est pas seul devant sa feuille. Si tu vis dans la région bisontine, l'accompagnement TND à Besançon de l'Atelier de Maëlle peut servir de relais dans ces démarches.
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FAQ — Projet de vie MDPH
Le projet de vie est-il obligatoire ?
Non, il est facultatif. Mais c'est la seule partie du dossier où tu peux t'exprimer librement et justifier tes demandes : s'en passer prive l'équipe d'évaluation d'informations essentielles.
Combien de pages doit faire un projet de vie ?
En général 2 à 5 pages, selon la complexité de la situation. L'objectif n'est pas la longueur mais la précision : des faits concrets, datés et reliés à tes demandes.
Qui peut m'aider à le rédiger ?
La MDPH a pour mission d'aider toute personne qui le souhaite à formuler son projet de vie. Tu peux aussi solliciter une association de familles, un éducateur spécialisé ou l'enseignant référent.
Faut-il un projet de vie différent pour chaque enfant ?
Oui. Chaque demande MDPH concerne un enfant précis : le projet de vie doit décrire son quotidien, ses difficultés et tes attentes spécifiques pour lui.
Que se passe-t-il si je ne remplis pas cette partie ?
Ton dossier reste recevable, mais l'équipe évalue uniquement à partir des cases cochées et du certificat médical. Tu réduis fortement tes chances de voir tes besoins réels pris en compte.
Peut-on modifier le projet de vie après le dépôt ?
Tu peux transmettre des éléments complémentaires tant que la décision n'est pas rendue. En cas d'évolution importante, signale-le à la MDPH par écrit.
Combien de temps la MDPH met-elle à répondre ?
Le délai légal est de 4 mois. Au-delà, le silence vaut rejet, ce qui ouvre un droit de recours. Les délais réels varient selon les départements.
Le projet de vie sert-il aussi pour l'AEEH et l'AESH ?
Oui. C'est un document transversal : la même évaluation, fondée sur ton projet de vie, sert à statuer sur l'AEEH, l'AESH, le PPS et le taux d'incapacité. Décris aussi la permanence des besoins de ton enfant dans le temps : cet élément pèse sur la durée d'attribution notifiée, et peut ouvrir une attribution sans limitation de durée.
Sources : service-public.fr, monparcourshandicap.gouv.fr (CNSA), Code de l'action sociale et des familles (art. R.241-33), loi n° 2005-102 du 11 février 2005. Cet article informatif, rédigé par un parent concerné, ne remplace pas l'accompagnement d'un professionnel ou de la MDPH.
📖 Pour aller plus loin — retrouve tout sur le sujet dans notre Guide complet du TDAH (enfant & adulte) et notre guide TDAH et MDPH.
